À peine deux ans après son précédent restylage, la citadine 100 % électrique de Dacia fait table rase du passé. Invité en exclusivité les 3 et 4 septembre 2026 à Paris pour un pre-show confidentiel autour du projet interne « EVADER », L’Observateur Automobiles a pu approcher de près la deuxième génération de la Spring. Pourquoi un cycle de renouvellement si rapide ? L’enjeu est colossal : contrer l’offensive éclair des marques chinoises et reprendre sa place sur le podium des citadines électriques abordables, en Europe comme au Maroc.

Une refonte en urgence dictée par la géopolitique automobile

Dans l’industrie automobile, renouveler intégralement un modèle après seulement deux ans de restylage relève de l’inédit. Pourtant, pour Dacia, l’urgence commandait l’action. Depuis 2021, la première génération s’est écoulée à plus de 210 000 exemplaires dans plus de quarante pays. Mais le paysage a radicalement changé : l’assaut massif des constructeurs asiatiques sur le segment A et la perte des aides publiques liée à l’ancienne fabrication en Chine ont fragilisé sa couronne.

Pour inverser le rapport de force, la marque a mobilisé les nouveaux programmes de Renault Group visant à compresser le cycle de conception à moins de deux ans tout en maîtrisant les coûts. La décision la plus stratégique réside dans la relocalisation : la nouvelle Spring est désormais produite en Europe, au sein de l’usine de Novo Mesto, en Slovénie. De quoi sécuriser son éligibilité aux aides à l’achat européennes et s’armer face au dumping asiatique.

Plateforme RGEV small : adieu la frêle silhouette, place au muscle

De la précédente génération, la citadine ne conserve que le nom. Construite sur la plateforme RGEV small de Renault Group, elle modifie entièrement ses proportions :

  • Gabarit en nette hausse : Elle mesure désormais 3,85 m de long (+15 cm) et s’élargit surtout de 18 cm pour atteindre 1,74 m hors rétroviseurs.
  • Design « Robust & Outdoor » : Exit la posture étroite. La voiture gagne en assise avec un capot court et rehaussé, des passages de roues marqués et des épaulements affirmés.
  • Conception maligne : Les bandeaux noirs horizontaux intégrant les optiques élargissent visuellement la silhouette. La signature lumineuse en Dacia Link n’est éclairée par LED que sur sa partie haute ; la section basse à 45° n’est qu’un réflecteur ingénieux créant un effet flottant sans surcoût de composants. À l’arrière, le lettrage Dacia est directement moulé dans le bandeau avec des surfaces inclinées qui jouent avec la lumière.
  • Résistance aux chocs urbains : Les boucliers adoptent un plastique noir teinté dans la masse avec un grainage ligné résistant aux rayures, tandis que les bandeaux reçoivent un grainage laser protecteur. La carrosserie s’habille de quatre teintes : Agave, Gris Schiste, Noir Étoilé et Blanc Glacier.

Habitacle et habitabilité : La référence absolue du segment A

L’augmentation de la largeur transfigure la vie à bord. La planche de bord étirée horizontalement offre une sensation d’espace inédite.

  • Volume de chargement record : Le coffre revendique 337 litres, surpassant des véhicules du segment B. Il intègre un plancher amovible en deux parties indépendantes pour compartimenter l’espace. Banquette rabattue (modularité 50/50), la capacité grimpe à 1 283 litres.
  • Le « Frunk » sous le capot : En option, un bac avant de 18 litres permet de stocker les câbles de recharge sans empiéter sur les bagages.
  • L’astuce YouClip : On retrouve jusqu’à 3 points d’ancrage de série (console passager et coffre) et 2 supplémentaires sur appuie-tête pour clipser des accessoires dédiés (porte-gobelet 3-en-1 avec lampe nomade, étui à lunettes, sac pliable).
  • Ergonomie et rangements : La console accueille l’organisateur « Pélican », des tapis antidérapants et un accoudoir avec rangement fermé.

Moteur 80 ch, batterie LFP et technologie V2L : La maturité technique

Dacia s’est appuyée sur les données connectées de ses clients (trajet moyen de 34 km/jour à 34 km/h, recharge à domicile à 75 %) pour concevoir une fiche technique réaliste, sans surenchère de poids inutile :

  • Motorisation : Un bloc électrique unique développant 60 kW (80 ch) et un couple immédiat de 175 Nm. Le 0 à 100 km/h est abattu en 12,1 secondes pour une vitesse de pointe de 130 km/h.
  • Batterie et efficience : Elle adopte une chimie LFP (Lithium Fer Phosphate) plus durable et économe en métaux rares de 27,5 kWh utiles, promettant jusqu’à 250 km d’autonomie (WLTP). Avec un poids contenu débutant à 1 212 kg, sa consommation mixte n’est que de 12,7 kWh/100 km.
  • Recharge et V2L : De série, son chargeur AC embarqué délivre 6,6 kW (15 % à 80 % en 9h sur prise classique, 5h40 sur renforcée, 2h55 sur Wallbox 7 kW). Un pack optionnel ajoute la charge AC 11 kW (1h55) et un chargeur rapide DC de 50 kW récupérant 15 % à 80 % en seulement 28 minutes. Ce pack inclut également la fonction V2L (Vehicle-to-Load), transformant la voiture en source d’énergie mobile pour brancher vélos électriques, glacières ou appareils de bivouac.
  • Maniabilité : Son rayon de braquage est réduit à 4,95 m, complété par un frein de parking électrique et un radar de recul dès l’entrée de gamme. Le volant se règle enfin en hauteur comme en profondeur.

Deux finitions lisibles et technologie embarquée

La gamme s’articule autour de deux niveaux d’équipement :

  1. Expression : Roues 15″ Mura avec enjoliveurs, tableau de bord numérique 7″, Media Control (support smartphone au format portrait/paysage pilotable au volant), climatisation manuelle, bouton « My Safety » pour paramétrer les ADAS en un clic.
  2. Journey : Ajoute les roues 16″ Drava, la carte mains-libres, la caméra de recul, une sellerie TEP/tissu et le système Media Nav Live sur écran tactile 10,1″ avec cartographie connectée pendant 8 ans et réplication sans fil Apple CarPlay / Android Auto.

Quel impact au Maroc face aux chinoises au 1er semestre 2027 ?

En Europe, toute la gamme Spring reste positionnée sous la barre des 20 000 € hors bonus.

Pour le marché marocain, la commercialisation est officiellement attendue pour le premier semestre 2027. Dans le Royaume, la première Spring avait amorcé la démocratisation de l’électrique, avant d’être confrontée à l’arrivée agressive de modèles chinois toujours mieux équipés.

Pour reprendre la tête du segment au Maroc, le positionnement tarifaire sera le juge de paix : on espère un prix d’appel maintenu en dessous de la barre symbolique des 200 000 DH. Avec sa fabrication européenne, ses 80 ch, son habitabilité en hausse et la fiabilité du réseau Dacia au Maroc, la Spring « EVADER » détient tous les arguments pour bloquer la percée chinoise et s’imposer à nouveau comme la reine incontestée de nos centres urbains.

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